Conséquences de la coupe rase sur la production de racines fines, CO2, CH4 et N2O jusqu'à la nappe phréatique dans une plantation d'Eucalyptus grandis menée en taillis sur un dispositif d'exclusion de pluie

##plugins.themes.bootstrap3.article.main##

Amandine GERMON

Résumé

Une meilleure connaissance de la dynamique spatio-temporelle des racines fines et des gaz à effet de serre dans les couches profondes du sol est indispensable pour identifier des pratiques sylvicoles plus durables pour les forêts plantées dans un contexte de changement climatique. Notre étude visait à évaluer les effets des coupes claires et de la sécheresse sur la production de racines fines et les flux et la production de CO2, CH4 et N2O sur tout le profil de sol jusqu'à la nappe, dans des plantations d'Eucalyptus grandis conduites en taillis au Brésil. Les racines fines (diamètre < 2 mm) ont été échantillonnées jusqu'à une profondeur de 17 m sur un dispositif d’exclusion de pluviolessivat permettant de comparer des peuplements où 37 % du pluviolessivat a été exclu à l'aide de bâches en plastique (–W) avec des peuplements sans exclusion d'eau de pluie (+W). La dynamique racinaire, les flux en surface et les concentrations dans le sol de CO2, CH4 et N2O ont été mesurés dans deux fosses permanentes pour les deux traitements, + W et – W, avant la coupe des arbres et ensuite en conduite en taillis.  La croissance des racines fines était considérable à grande profondeur (> 13 m) pour les arbres menés en taillis et, étonnamment, la mortalité des racines fines était extrêmement faible quelle que soit la profondeur et le traitement. La biomasse des racines fines, leur longueur et leur surface spécifiques étaient respectivement plus élevées d'environ 25 %, 15 % et 15 % pour le traitement –W que pour +W. Les concentrations moyennes de CO2 et N2O pour –W sont plus faibles de 20,7 % et 7,6 % que pour +W, et les concentrations de CH4 pour –W sont plus élevées de 44,4 % que pour +W sur l'ensemble des profils du sol. Un modèle de diffusivité montre une production et une consommation de CO2, N2O et CH4 en grande profondeur et similaire pour les deux traitements, +W et –W. La mise en place de systèmes racinaires profonds dans les forêts tropicales plantées pourrait permettre aux arbres de résister aux périodes de sécheresse attendues dans le futur. Notre étude réalisée dans des peuplements d'eucalyptus gérés en taillis, représentatifs de vastes zones tropicales, suggère que les émissions de gaz à effet de serre pourraient être peu influencées par les modifications de régimes de précipitations dues au changement climatique.

##plugins.themes.bootstrap3.article.details##

Rubrique
RÉSUMÉS DE THÈSE

Références

Liste des articles publiés / List of published articles / Lista de artículos publicados

Germon A., Laclau J.-P., Robin A., Jourdan C., 2020. Tamm Review: Deep fine roots in forest ecosystems: Why dig deeper? Forest Ecology and Management, 466: 118-135. https://doi.org/10.1016/j.foreco.2020.118135

Germon A., Jourdan C., Bordron B., Robin A., Nouvellon Y., Chapuis-Lardy L., de Moraes Gonçalves J. L., Pradier C., Guerrini I. A., Laclau J.-P., 2019. Consequences of clear-cutting and drought on fine root dynamics down to 17 m in coppice-managed eucalypt plantations. Forest Ecology and Management, 445: 48-59. https://doi.org/10.1016/j.foreco.2019.05.010

Germon A., Guerrini I. A., Bordron B., Bouillet J.-P., Nouvellon Y., de Moraes Gonçalves J. L., Jourdan C., Paula R. R., Laclau J.-P., 2018. Consequences of mixing Acacia mangium and Eucalyptus grandis trees on soil exploration by fine-roots down to a depth of 17 m. Plant and Soil, 424 (1-2): 203-220. https://link.springer.com/article/10.1007/s11104-017-3428-1