Pour que la terre ne cache plus l'arbre : le foncier de l'arbre

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M Saïd
Nicole Sibelet

Résumé

L'insécurité foncière est reconnue comme une source de conflits et une inhibition aux processus de développement engagés par les populations rurales. Si les études sur le foncier de la terre sont nombreuses, celles analysant le foncier de l'arbre sont peu courantes. En Afrique, les droits d'accès à la terre sont multiples, la propriété privée n'étant qu'un droit minoritaire parmi d'autres. Il en est de même pour les droits d'accès à l'arbre. Les spécialistes du foncier (économistes, socio-anthropologues, juristes, etc.) ont montré qu'il faut dissocier les statuts des ressources et du fonds (de la terre). L'arbre est à la fois une ressource par rapport à la terre qui le porte et un autre fonds. En conséquence, les droits qui s'appliquent à l'arbre peuvent être distincts, à double titre, de ceux de la terre qui le porte. Aux Comores, l'arbre a des valeurs agronomique, économique et symbolique et constitue un enjeu social générateur de conflits et d'innovations. Le cas de Bandarsalam dans l'île de Mohéli montre que les autochtones utilisent un alibi, à savoir un argument environnementaliste, auprès des institutions politiques et associatives pour évincer les allochtones devenus trop gênants, de leur point de vue, dans leurs installations. Seule la prise en compte de vrais enjeux fonciers permettra de sortir des débats fonciers biaisés et sans issue.

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Affiliations
Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) ; Cirad-Tera TA 60/15 ; 34398 Montpellier cedex 5 ; École d'enseignement supérieur de Patsy ; Comores
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