Effet de différentes poudres végétales sur l'infestation des semences de légumineuses et de céréales au cours de la conservation au Kivu (République démocratique du Congo)

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Théodore Munyuli Bin Mushambanyi

Résumé

En Afrique Centrale et au Kivu (République démocratique du Congo), des pertes de poids des semences stockées (haricot, maïs, sorgho) de l'ordre de 10 à 60 % sont occasionnées chaque année par les principaux ravageurs des stocks (Acanthoscelides obtectus, Sitophilus oryzae) de la région. L'utilisation des pesticides de synthèse étant de plus en plus problématique, on a recours actuellement aux produits naturels pour la lutte contre ces ravageurs. Un essai de lutte avec les poudres des plantes du Kivu à propriétés insectifuges/insecticides, à savoir Maeasa lanceolata, Agava americana, Tagetes minuta a été réalisé. Les poudres de ces plantes ont été incorporées à des doses croissantes (0, 10, 20, 30 g/kg de graines ou grains) aux échantillons de semences de haricot, maïs ou sorgho. Ceux-ci ont été infestés artificiellement par les deux espèces principales de coléoptères ravageurs. Les semences enrobées et infestées ont été mises dans des boîtes en plastiques, puis stockées et conservées pendant 6 mois au laboratoire, suivant un dispositif expérimental à sept répétitions. Les farines grossières de M. lanceolata (dose de 30 g/kg de haricot) réduisent significativement la prolifération des bruches dans les stocks. Le nombre des insectes était en moyenne de 1,1 contre 73 (témoin non enrobé par les poudres végétales) en 6 mois de conservation pour 5 couples d'insectes lâchés au départ dans chaque unité expérimentale. Avec cette dose, la perte de poids en stock oscille entre 0,001 et 0,003 % contre 33,7 % (témoin non enrobé). La poudre d'A. americana (30 g/kg de grains) réduit la prolifération des bruches et la perte de poids du haricot en stock à 3-5 individus et 0,005-1,6 % respectivement, alors que le témoin non traité héberge de 10 à 61 bruches et accuse une perte en poids de 53 à 87 %. Aucune dose d'aucune des plantes utilisées ne contrôle efficacement les charançons (S. oryzae) dans les stocks de sorgho. Les pertes de poids du sorgho en stock étaient toujours de l'ordre de 56 à 85 % durant l'essai, le nombre d'imagos émergés oscillant entre 91 et 199. M. lanceolata, plante localement disponible, pourrait bien remplacer les insecticides de synthèse, très onéreux, dans la protection des denrées stockées contre les bruches du haricot.

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Affiliations
Laboratoire d'entomologie agricole ; Département de biologie ; Centre national de recherche en sciences naturelles ; CRSN-Lwiro ; D.S. Bukavu ; Kivu ; République démocratique du Congo
Rubrique
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