Analyse multiéchelle de la diversité génétique des sorghos : compréhension des processus évolutifs pour la conservation in situ

F. Sagnard, A. Barnaud, M. Deu, C. Barro, C. Luce, C. Billot, J.F. Rami, S. Bouchet, D. Dembélé, V. Pomiès, C. Calatayud, R. Rivallan, H. Joly, K. Vom Brocke, A. Touré, J. Chantereau, G. Bezançon, M. Vaksmann

Résumé


Au Burkina Faso, au Mali, au Niger et à Wanté, 1 518 échantillons de sorgho ont été collectés et analysés à l'aide de marqueurs microsatellites. Les paramètres de diversité et de différenciation génétique ont été estimés à différentes échelles spatiales, depuis celle de la variété locale à celle du pays, pour déterminer l'effet des principales forces évolutives sur la diversité génétique du sorgho. Il existe une diversité intra-variétale principalement déterminée par la biologie de la reproduction du sorgho et par les dérives génétiques engendrées par les effectifs limités d'individus lors de l'introduction d'une variété ou de la sélection paysanne de la semence. À l'échelle d'un village, la corrélation entre la diversité des noms vernaculaires et la diversité génétique mesurée par les marqueurs microsatellites est faible. Aucune structuration spatiale n'est observée dans des villages distants de plus de 30 kilomètres soulignant le caractère très local des systèmes semenciers traditionnels. Au Mali et au Niger, une proportion équivalente et supérieure, respectivement, de la diversité génétique du sorgho est observée sur un transect longitudinal qui recoupe essentiellement des divisions ethnolinguistiques, par rapport au transect latitudinal qui recoupe une variabilité agro-écologique plus grande. La diversité des groupes humains explique donc, en interaction avec les conditions environnementales, la diversité génétique du sorgho in situ. Une grande partie de la diversité présente dans la core collection sorgho du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) se retrouve à l'échelle de pays comme le Niger ou le Mali. L'importance de la diversité génétique cultivée par les paysans dans des systèmes agricoles restés traditionnels souligne l'utilité des approches de conservation in situ des ressources génétiques. La conciliation des enjeux de conservation et d'amélioration variétale pourrait être réalisée par un recours plus important au germoplasme local dans des programmes de sélection décentralisés.

Mots-clés


productions végétales ; ressources naturelles et environnement

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DOI: https://doi.org/10.1684/agr.2008.0180

Affiliations

International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics (ICRISAT), ICRISAT Kenya, co/ILRI, PO Box 39063, Nairobi, Kenya, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), Unité propre de recherche (UPR) 67 « Gestion des ressources génétiques et dynamiques sociales », Unité mixte de recherche (UMR) 5175-CEFE, 1919, route de Mende, Montpellier 34293 cedex 5, Cirad, Unité mixte de recherche (UMR) « Développement et amélioration des plantes » (DAP), Avenue Agropolis, TA A 96/03, Montpellier 34398 cedex 5, Institut de l'environnement et des recherches agricoles (Inera), Programme sorgho, BP 10, Koudougou, Saria, Burkina Faso, Cirad, Unité propre de recherche (UPR) « Agrobiodiversité des plantes de savanes », Avenue Agropolis, TA A-08/01, 34398 Montpellier cedex 5,, Institut d'économie rurale (IER), Programme sorgho, Station de Sotuba, PO Box 258, Bamako, Mali, Institut de recherche pour le développement (IRD) Niger, BP 11416, Niamey, Niger



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Cah. Agric. ISSN 1166-7699 Publié sous licence CC-By-NC