Can rice farmers pay irrigation costs?

S.R. Perret, P. Saringkarn, D. Jourdain, M.S. Babel

Résumé


En Thaïlande, le secteur public consacre des budgets très importants au développement et au maintien des systèmes rizicoles irrigués. Au regard de la compétition croissante pour l'allocation des moyens publics, du poids relatif décroissant du secteur agricole dans l'économie domestique, des débats se font jour concernant le besoin de nouveau modes de financement de l'irrigation, y compris par la facturation des services de l'eau d'irrigation aux riziculteurs. L'article étudie la valeur d'usage de l'eau d'irrigation en riziculture et l'ensemble des coûts de l'approvisionnement en eau, sur la base d'une étude de cas, de façon à évaluer la faisabilité d'une telle facturation. Les incertitudes liées à la variabilité climatique ont été abordées par une analyse de sensibilité (Monte Carlo). Les analyses montrent que la valeur d'usage (0,35 THB/m3 [1 Thaï Baht = 0,03 US$]) dépasse les coûts totaux encourus (0,1 THB/m3), et donc que les producteurs pourraient potentiellement payer. Cependant, ces résultats ont été obtenus en conditions de production favorables. Également, si les producteurs devaient couvrir les coûts totaux, y compris les coûts d'investissement (2,208 THB/ha par saison), leurs coûts de production augmenteraient alors de 36 % pour les deux saisons. Leur revenu net diminuerait alors de 36 % en saison humide et de 25 % en saison sèche. S'ils devaient couvrir uniquement les coûts de fonctionnement et d'entretien, les coûts de production augmenteraient de 23 %. Au regard de leurs revenus très faibles, de tels surcoûts ne sont pas envisageables. Par ailleurs, l'étude relève que les producteurs paient déjà pour le pompage de l'eau à la parcelle et sont donc bien conscients de la valeur économique de la ressource. La discussion aborde de possibles systèmes alternatifs de financement. En particulier, un système de facturation des services de l'eau d'irrigation qui inclurait d'autres acteurs en aval de la filière (moulins, export, détaillants) est envisageable. En intégrant les paysans, ce système peut réaffirmer leur statut au sein de la filière, à un coût acceptable. Enfin, une approche plus large par les services écosystémiques est discutée.

Mots-clés


coût de production ; irrigation ; productivité ; riz de bas fond ; valeur économique ; eau ; économie et développement rural ; productions végétales ; systèmes agraires

Texte intégral :

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DOI: https://doi.org/10.1684/agr.2013.0660

Affiliations

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Cah. Agric. ISSN 1166-7699 Publié sous licence CC-By-NC