Création et diffusion de variétés de caféiers Arabica : quelles innovations variétales ?

B. Bertrand, C. Montagnon, F. Georget, P. Charmetant, H. Etienne

Résumé


Plus de 80 % de la production de café arabica provient d'Amérique latine alors que l'espèce est originaire d'Afrique. La base génétique du caféier Arabica introduite en Amérique latine au XIXe siècle se limite à deux populations peu différentes (Bourbon et Typica). Malgré le handicap d'une base génétique étroite, les chercheurs ont créé dans les années 1950 à 1980 des variétés lignées très bien adaptées à l'intensification de la culture et présentant une qualité considérée comme un standard. Avec l'arrivée de la rouille orangée, des gènes de résistance de l'espèce diploïde C. canephora ont été transférés dans ces variétés améliorées. Des lignées combinant des résistances à plusieurs maladies et présentant une qualité à la tasse équivalente ou inférieure au standard ont été développées dans les années 1980 à 2000. À partir de 1990, face aux nouvelles exigences du marché, de nouvelles variétés hybrides F1 ont été sélectionnées pour l'adaptation à une agriculture écologiquement intensive basée sur l'agroforesterie. Après une vingtaine d'années d'expérimentations en milieux contrôlés ou chez les producteurs, il apparaît que les hybrides F1 produisent 30-60 % de plus que les meilleures lignées en systèmes agroforestiers, sans apport supplémentaire d'engrais. Aujourd'hui, le progrès génétique ainsi créé est plutôt mal diffusé. Dans de nombreux pays, les variétés sont propagées sans aucun contrôle de leur pureté variétale. Aucun catalogue variétal n'existe et les informations qui parviennent aux producteurs sont largement insuffisantes pour qu'ils puissent raisonner leur choix variétal en fonction de leur système de culture ou des exigences du marché. Pour une culture industrielle d'une telle importance économique, la faiblesse des recherches en amélioration génétique pour une filière semencière dynamique est frappante. La raison en est que la production de semences améliorées n'est pas rentable pour le secteur privé. Là où l'État s'est désengagé, il faut donner la possibilité à ce secteur d'investir dans la recherche et dans la production de semences de qualité.

Mots-clés


amélioration génétique ; café ; qualité ; résistances ; variétés

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DOI: https://doi.org/10.1684/agr.2012.0547

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