Adaptation des sorghos du Mali à la variabilité climatique

M. Kouressy, S. Traoré, M. Vaksmann, M. Grum, I. Maikano, M. Soumaré, P.S. Traoré, D. Bazile, M. Dingkuhn, A. Sidibé

Résumé


Il est couramment admis que la sécheresse en Afrique de l'Ouest a entraîné l'adoption par les paysans de variétés de sorgho plus précoces que les cultivars traditionnels. Pour mesurer l'évolution récente du cycle des sorghos du Mali, nous avons étudié la phénologie de deux collections de variétés locales prospectées à 20 ans d'intervalle en 1978 et en 2000. Les dates de début et de fin de saison des pluies ont été calculées pour tous les villages échantillonnés. La sensibilité des cultivars à la photopériode a été mesurée à l'aide d'un essai comportant deux dates de semis. Un modèle permet d'étudier l'adaptation des variétés au climat en tenant compte de la latitude et du régime des pluies de leurs zones d'origines. Le déficit pluviométrique n'a pas entraîné un raccourcissement important des cycles végétatifs. En 20 ans, le cycle moyen des cultivars locaux s'est raccourci de 5 jours. Pour des latitudes inférieures à 14° N, la grande majorité des cultivars sont photopériodiques, la floraison des variétés se produit dans les 20 jours qui précèdent la date moyenne de fin de la saison des pluies. Ce caractère permet d'optimiser l'alimentation en eau des cultures et d'éviter de nombreuses contraintes biotiques. Pour des latitudes supérieures ou égales à 14° N, la floraison moyenne coïncide avec la fin de saison. On note la présence simultanée de variétés tardives et précoces. Dans ces régions, la culture du sorgho dépend moins de la pluviométrie car les systèmes traditionnels valorisent des situations diversifiées et les reports d'eau sur les toposéquences. Cette diversité des cycles contribue à sécuriser la production agricole en zone aride. Ce travail permet de guider les programmes de sélection dans la définition d'idéotypes spécifiquement adaptés à la gamme d'environnements climatiques rencontrés dans la région.

Mots-clés


climat ; productions végétales ; ressources naturelles et environnement

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DOI: https://doi.org/10.1684/agr.2008.0189

Affiliations

Institut d'économie rurale (IER), Sotuba, BP 438, Bamako, Mali, AGRHYMET, BP 11011, Niamey, Niger, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), BP 1813, Bamako, Mali, Biodiversity International, PO Box 30677, Nairobi, Kenya, International Crops Research Institute of the Semi-Arid Tropics (ICRISAT), BP 12404, Niamey, Niger, International Crops Research Institute of the Semi-Arid Tropics (ICRISAT), BP 320, Bamako, MALI, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), Département Environnements & Sociétés, UPR 47 « GREEN », Campus international de Baillarguet TA C-47/F, 34398 Montpellier cedex 5



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