USES OF BOMBAX COSTATUM (MALVACEAE) IN LANDS ADJACENT TO THE PENDJARI BIOSPHERE RESERVE IN THE REPUBLIC OF BENIN

  

Bois et forêts des tropiques

 

Volume 333 – 3e trimestre – septembre 2017 – p. 17-29

ISSN: L-0006-579X

 

Usages de Bombax costatum (Malvaceae) dans les terroirs riverains de la réserve de biosphère de la Pendjari, République du Bénin

 

Gnido Amandine Assogba1, Adandé Belarmain Fandohan1, 2, 3, Valère Kolawolé Salako3, Achille Ephrem Assogbadjo1, 3

 

 

Auteur correspondant / Corresponding author:

Valère Kolawolé Salako

Doi: 10.19182/bft2017.333.a31465

Licence Creative Commons :

Attribution - Pas de Modification 4.0 International.

Attribution-NoDerivatives 4.0 International (CC BY-ND 4.0)

Citer l’article / Cite the article

Assogba G. A., Fandohan A. B., Salako V. K., Assogbadjo A. E., 2017. Usages de Bombax costatum (Malvaceae) dans les terroirs riverains de la réserve de biosphère de la Pendjari, République du Bénin. Bois et Forêts des Tropiques, 333 : 17-29. doi: http://dx.doi.org/10.19182/bft2017.333.a31465

 

 

 

Photo 1.

Bombax costatum en savane dans la zone soudanienne du Bénin.

Photo G. A. Assogba.

 

 

Introduction

 

Plusieurs populations autochtones à travers le monde dépendent des ressources végétales et emploient leurs connaissances accumulées dans le temps pour en tirer profit et les gérer de façon durable (Sofowora, 2010). Les produits forestiers non ligneux (PFNL) sont des biens d’origine biologique autres que le bois, provenant des forêts, d’autres terrains boisés ou provenant d’arbres hors forêts (FAO, 2001). Ceux-ci sont importants et leur valorisation et leur gestion durable pourraient efficacement contribuer à l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) qui visent, entre autres, à éliminer la pauvreté, la faim et à assurer la sécurité alimentaire dans le monde (Fandohan et al., 2015 ; Lescuyer et al., 2010 ; Ingram et Bongers, 2009). En effet, pour les populations surtout rurales, les PFNL revêtent une importance capitale car ils contribuent aux soins de santé, à l’alimentation, au revenu monétaire et aux autres aspects de leur bien-être (Cavendish, 2000 ; Mahapatra et al., 2005).

Bien que plusieurs espèces pourvoyeuses de ces ressources ont fait et continuent de faire l’objet d’études, plusieurs autres sont insuffisamment connues et documentées (Codjia et al., 2003) dans les pays tropicaux ; c’est le cas de Bombax costatum (Belem et al., 2008) (photo 1).

Au Bénin, au cours de cette dernière décennie, de nombreuses études se sont focalisées sur l’importance socioculturelle des plantes endogènes (Dadjo et al., 2012 ; Fandohan et al., 2010 ; Ekué et al., 2010 ; Koura et al., 2011 ; Gouwakinnou et al., 2011). Toutefois, aucune d’entre elles n’a décrit les usages de B. costatum.

De la famille des malvacées, B. costatum estune espèce commune qui est exploitée par les populations rurales mais est localement peu abondante dans les zones guinéo-soudanienne et soudanienne du Bénin (Arbonnier, 2002 ; Oyen, 2011).

L’intérêt qu’accordent la communauté scientifique et les décideurs politiques à cette espèce est encore assez faible (Belem et al., 2008 ; Ouédraogo et al., 2014). Dans une étude récente, Belem et al. (2008) ont montré qu’au Burkina Faso l’espèce est essentiellement utilisée dans l’alimentation humaine, dans les soins de santé, dans l’artisanat, dans les rites culturels et religieux. L’évaluation de l’importance socioculturelle et économique de telles ressources à travers leurs aires d’occurrence constitue un des prérequis à l’élaboration de stratégies globales d’utilisation durable. Elle aiderait entre autres à : savoir comment B. costatum contribue au bien-être des communautés rurales ; estimer sa valeur écologique et son importance dans le maintien de l’intégrité des écosystèmes ; savoir comment l’espèce est intégrée dans les cultures et rituels de chaque peuple ; enfin, à envisager une valorisation économique.

Ainsi, la présente étude vise à décrire les usages de B. costatum et évaluer son importance culturelle pour les différents groupes socioculturels observés dans une de ses zones majeures d’occurrence au Bénin, la réserve de biosphère de la Pendjari. En admettant que les usages et le degré de connaissance des plantes dépendent de la culture, des us et coutumes des peuples, de l’âge et du genre (Camou-Guerrero et al., 2008 ; Gouwakinnou et al., 2011), cette étude a comparé les connaissances sur B. costatum entre groupes socioculturels, entre catégories d’âges et entre sexes.

 

Matériel et méthodes

Milieu d’étude et choix des localités d’enquête

L’étude a été réalisée dans 12 villages des terroirs riverains de la réserve de biosphère de la Pendjari (RBP), notamment les communes de Tanguiéta et de Matéri (figure 1) où l’espèce est naturellement rencontrée. Cette partie de la RBP dénommée zone d’occupation contrôlée (ZOC) se situe géographiquement entre les latitudes 10°30’-11°30’ Nord et les longitudes 0°50’-2°00’ Est (figure 1). Cette zone est caractérisée par la présence de la chaîne montagneuse de l’Atacora. Elle jouit d’un climat de type soudanien avec un régime saisonnier unimodal. La pluviométrie annuelle oscille entre 900 mm et 1 000 mm (Adomou, 2005). La température moyenne mensuelle varie de 30 à 34 °C. La saison sèche s’étend sur une période d’environ sept mois. La végétation est dominée par des savanes boisées et des forêts claires par endroits. La ZOC subit une forte pression anthropique due à l’accroissement de la population humaine dans les communes de Matéri (111 003 habitants dont 51,48 % de femmes) et de Tanguiéta (73 731 habitants dont 51,04 % de femmes) (RGPH4, 2015). Les principaux groupes socioculturels qui vivent dans cette zone sont les Berbas, les Gourmantchés, les Waamas, les Peulhs et les Natimbas. Ces groupes font partie des populations les plus pauvres du Bénin, vivant en dessous de 1 USD par jour (CENAGREF, 2009). Leurs principales activités sont l’agriculture, la chasse, l’élevage (volaille, petits ruminants et bovins) et la pêche (CENAGREF, 2009). Ces populations sont fortement dépendantes des ressources biologiques de la RBP et plus particulièrement des produits forestiers non ligneux dans l’alimentation, la santé, les infrastructures et les soins de santé (Vodouhê et al., 2009).

Figure 1.

Localisation de la réserve de biosphère de la Pendjari et des localités d’étude au Bénin.

 

Échantillonnage

La sélection des enquêtés s’est faite de façon aléatoire et simple. À cet effet, un sondage exploratoire sur un échantillon de 50 personnes prises au hasard dans chacune des deux communes a permis de déterminer la proportion (p) de ceux qui connaissent au moins un usage de B. costatum. La détermination du nombre d’enquêtés a alors été faite en utilisant la formule de Dagnelie (1998) :

où n représente la taille de l’échantillon global ; U1-α/2 est la valeur de la variable normale aléatoire pour une valeur de probabilité de α ; U1-α/2 = 1,96 si α = 0,05 ; p est la proportion d’individus de B. costatum ; d est l’erreur marginale.

L’enquête exploratoire a révélé qu’environ 42 % et 58 % des personnes interrogées connaissent et utilisent l’espèce dans les communes de Matéri et de Tanguiéta, respectivement. Ainsi, pour une marge d’erreur de 8 %, la taille de l’échantillon correspondait à 50 et 68 personnes respectivement dans les communes de Matéri et de Tanguiéta ; 50 et 68 personnes ont été sélectionnées et interviewées dans ces deux communes en fonction de leur consentement libre à participer à l’enquête. Ces personnes ont été choisies au hasard sur des listes des personnes (établies avec les chefs de village et/ou avec des informateurs clés identifiés par les chefs de village) vivant dans les localités d’étude.

Enquêtes ethnobotaniques

Les données ont été collectées à travers des entretiens individuels semi-structurés et des observations directes. Le questionnaire de base était structuré en deux parties. La première partie vise à renseigner l’âge, le sexe, le groupe socioculturel de l’enquêté ainsi que sa profession ou sa principale activité. La seconde partie concerne, d’une part, les connaissances de l’enquêté sur les usages faits de l’espèce, ses parties ou organes et, d’autre part, l’importance culturelle de la plante et de ses parties ou organes. Les catégories d’usages utilisées à cet effet sont adaptées de Fandohan et al. (2010) et de Tardio et Pardo-De-Santayana (2008) : alimentaire, artisanat, bois de service, cultuel, écologique, matériel, médecine et socioculturel.

L’évaluation de l’importance culturelle de la plante et de ses parties/organes a été menée en utilisant une grille de score d’importance à quatre niveaux (Belem et al., 2008). En effet, dans un premier temps, il a été demandé à chaque enquêté d’attribuer un score d’importance à chaque catégorie d’usages pour la plante entière. Dans un second temps, le même exercice a été fait pour chaque catégorie d’usages, mais cette fois par partie/organe de plante. Les scores variaient de 0 à 1,5. Le score 0 correspondait à une catégorie d’usages non importante ; 0,5 était attribué à une catégorie d’usages moyennement importante ; 1 était affecté à une catégorie d’usages importante ; 1,5 était le score maximal et correspondait à une catégorie d’usages très importante.

Traitement et analyses statistiques des données

Les 118 personnes enquêtées appartenaient à cinq groupes socioculturels (Gourmantchés, Berbas, Waamas, Natimbas et Peulhs). Elles ont été réparties suivant le sexe et la classe d’âge. La répartition suivant la classe d’âge a suivi celle de Assogbadjo et al. (2008) comme suit : les jeunes (âge £ 30 ans) ; les adultes (30 < âge < 60) ; les vieux (âge ³ 60 ans). Du fait de la faible représentativité des groupes socioculturels Waama, Natimba et Peulh dans l’échantillon, pouvant biaiser les estimations, ces trois groupes socioculturels ont été fusionnés en « autres groupes socioculturels » (tableau I).

Quatre indices ethnobotaniques, la fréquence relative de citation, la valeur d’usage totale rapportée, la valeur d’usage rapportée par organe et l’indice d’importance culturelle, ont été calculés pour évaluer respectivement les connaissances et le consensus des enquêtés sur ces connaissances, les usages et l’importance culturelle de B. costatum.

 

Tableau I.

Effectif des personnes enquêtées selon le groupe socioculturel, la classe d’âge et le sexe.

 

La fréquence relative de citation (Relative frequency of citation, FRC) se réfère au nombre de fois que les enquêtés d’un groupe social ont cité un usage spécifique donné, rapporté au nombre total d’enquêtés de ce groupe (Tardio et Pardo-De-Santayana, 2008 ; Honfo et al., 2015) :

où FRC est la fréquence relative de citation exprimée en pourcentage ; n le nombre d’enquêtés ayant cité un usage donné de B. costatum ; N le nombre total d’enquêtés.

La FRC a permis d’ordonner les usages spécifiques des parties/organes de B. costatum. Des valeurs élevées de la FRC pour un usage spécifique traduisent généralement un consensus pour cet usage de la partie/organe au sein de la communauté.

La valeur d’usage totale rapportée (VUR) (Gomez-Beloz, 2002) pour un groupe est le nombre total moyen d’usages spécifiques rapportés pour B. costatum dans ce groupe, exprimé en usages spécifiques par enquêté :

où VURi est le nombre total d’usages spécifiques rapportés par l’enquêté i du groupe ; N est le nombre total d’enquêtés pour le groupe social considéré.

Cet indice a permis de mesurer et de comparer les connaissances des enquêtés entre les différents groupes socioculturels, catégories d’âges et sexes. Les groupes présentant des VUR élevées sont ceux possédant globalement plus de connaissances sur les usages de la plante. Les valeurs de la VUR étant des données de comptage, elles ont été soumises à un modèle linéaire généralisé de la famille de Poisson pour tester l’effet du groupe socioculturel, de l’âge et du sexe sur sa variation. Le modèle saturé (tous les effets principaux et interactions possibles) a été d’abord spécifié. Ensuite, une simplification du modèle a été opérée jusqu’à la sélection du modèle parcimonieux (modèle contenant le moins possible de facteurs) (Johnson et Omland, 2004). Cette simplification a été basée sur la valeur du critère d’information d’Akaike corrigé pour les petites tailles d’échantillon (Akaike, 1973 ; Johnson et Omland, 2004). Les analyses ont été réalisées dans le logiciel R version 3.2 (R Core Team, 2016).

La valeur d’usage rapportée par organe (VURorg) (Gomez-Beloz, 2002) est le nombre moyen d’usages rapportés pour chaque organe de B. costatum, exprimé en usages spécifiques par enquêté :

où VURorgx est la valeur d’usage rapportée pour la partie/ organe x ; VURxi est le nombre total d’usages spécifiques de la partie/organe x mentionné par l’enquêté i du groupe considéré ; N est le nombre total d’enquêtés du groupe.

Cet indice a permis d’évaluer le nombre d’usages connus par partie/organe de la plante. Les parties/organes présentant des VURorg élevées sont ceux ayant le plus grand nombre d’usages, et donc probablement les plus souvent sollicités par les populations. Un modèle linéaire généralisé de la famille de Poisson a été utilisé pour tester la significativité des différences des valeurs de VURorg entre parties/organes de plante.

L’indice d’importance culturelle (IC) (Houehanou et al., 2011) désigne, d’une part, la valeur culturelle allouée à la plante et, d’autre part, celle rattachée aux parties/organes de la plante par les populations locales. La valeur de l’IC a été calculée par catégorie d’usages (ICCU) pour chaque groupe socioculturel d’une part et pour chaque partie/organe de la plante d’autre part. Dans le premier cas, l’IC permet de mettre en exergue la catégorie d’usages la plus importante selon les groupes socioculturels et, dans le second cas, la catégorie d’usages la plus importante selon la partie/organe de la plante. La valeur de IC a été par ailleurs calculée par partie/organe (ICOrg) et pour chaque groupe socioculturel afin de mettre en exergue les parties/organes de plantes les plus importants pour chaque groupe socioculturel.

Pour chaque groupe socioculturel (respectivement chaque partie/organe), l’importance culturelle d’une catégorie d’usages quelconque k a été calculée en utilisant la formule ci-dessous :

 

Où SCUki est le score attribué par l’enquêté i du groupe socio-culturel considéré à la catégorie d’usages k (CUk) de la plante ; N désigne le nombre total d’enquêtés.

L’indice d’importance culturelle de chaque partie/ organe de plante pour un groupe socioculturel donné a été calculé en utilisant la formule ci-dessous :

 

où SPP/Orgm-CUki est le score attribué par l’enquêté i du groupe socioculturel considéré à la partie de plante/organe m dans la catégorie d’usages k (CUk) de la plante ; k désigne le nombre total de catégories d’usages (k = 8 dans la présente étude) ; N désigne le nombre total d’enquêtés du groupe socioculturel considéré.

Les valeurs de IC étant des scores moyens, elles ont été soumises à un test de Kruskal-Wallis (Dytham, 2011) pour comparer l’importance culturelle de chaque catégorie d’usages de B. costatum entre groupes socioculturels et entre parties de plante ou organes, d’une part, et l’importance culturelle de chaque partie de plante ou organe entre groupes socioculturels, d’autre part. Des diagrammes en radar ont été utilisés pour illustrer les résultats.

 

Résultats

Appellations locales de B. costatum

Le tableau II résume les appellations de B. costatum et leur signification selon chaque groupe socioculturel. Les appellations locales de B. costatum diffèrent d’un groupe socioculturel à un autre. Toutefois, les significations restent semblables. B. costatum est en effet soit appelé plante à fleurs rouges (photo 2), soit arbre léger.

 

Tableau II.

Appellation locale et signification de Bombax costatum selon les groupes socioculturels.

 

Diversité des connaissances sur les usages de B. costatum

Le tableau III présente la diversité des usages de B. costatum. Il en ressort que les populations des terroirs riverains de la réserve de biosphère de la Pendjari connaissent en général 46 usages de l’espèce. Les enquêtés qui ont affirmé que l’espèce est principalement utilisée pour l’alimentation humaine (sauce légume, sauce gluante, huile comestible et boisson) représentent 90 % de l’échantillon d’étude alors que seulement 6 % ont rapporté l’usage de la plante dans l’alimentation animale comme fourrage. De plus, les usages médicinaux de B. costatum dans le traitement des maladies non-infectieuses ont été mentionnés par 87 % des enquêtés. Les usages culturels et écologiques de B. costatum sont également non négligeables (respectivement 24 % et 28 % des enquêtés). Entre autres, B. costatum est utilisé dans l’artisanat, comme bois et service, et aussi comme matériel de fabrication des divers objets utiles.

 

Photo 2.

Quelques organes/parties de Bombax costatum utilisés par les populations locales des terroirs riverains de la réserve de biosphère de la Pendjari : a) fleurs, b) calices frais, c) calices secs, d) écorces.

Photo G. A. Assogba.

 

Tableau III.

Usages spécifiques de Bombax costatum et leur importance (+++ : très important ; ++ : moyennement important ; + : peu important) et fréquences relatives de citation.

 

Facteurs socio-démographiques influençant le niveau de connaissance des usages de B. costatum

Le tableau IV résume les différents modèles testés. Le modèle incluant seulement le groupe socioculturel est celui ayant la plus faible valeur de l’AICc et classé modèle le plus parcimonieux (tableau IV). En d’autres termes, parmi les facteurs testés, seul le groupe socioculturel déterminait les variations du niveau des connaissances des usages de B. costatum. En effet, la valeur d’usage totale de B. costatum pour les Gourmantchés était significativement plus élevée que celle des « autres groupes socioculturels » (P = 0,049 ; tableau V). Par contre, bien que la valeur d’usage totale de B. costatum pour les Berbas soit plus élevée que celle des « autres groupes socioculturels », la différence n’était pas significative (P = 0,094 ; tableau V).

La figure 2 illustre bien que la valeur d’usage totale (moyenne ± erreur type) de B. costatum était similaire entre les Gourmantchés (3,71 ± 0,26) et les Berbas (3,51 ± 0,24) et plus faible pour les « autres groupes socioculturels » (2,67 ± 0,34).

Valeur d’usage des parties/organes de B. costatum

La valeur d’usage de B. costatum variait significativement entre parties/organes de la plante (tableau VI). Le calice (0,79 ± 0,04) est la partie/organe de B. costatum la plus utilisée, suivie de la jeune tige (0,73 ± 0,04) et de l’écorce (0,66 ± 0,06) (tableau VI et figure 3). La partie/ organe la moins utilisée est la graine (0,17 ± 0,04) (tableau VI et figure 3).

 

Tableau IV.

Variation de la valeur d’usage de Bombax costatum des enquêtés : résultats de la sélection des modèl socio-démographiques (âge, sexe, groupe sociocu connaissance des usages de Bombax costatum.

 

Tableau V.

Estimations pour le modèle parcimonieux relatif à l’effet des facteurs sociodémographiques (âge, sexe, groupe socioculturel) sur le niveau de connaissance des usages de Bombax costatum.

 

Tableau VI.

Variation de la valeur d’usage de Bombax costatum en fonction de ses parties de plante/organes : résultats des estimations du modèle de Poisson.

 

Importance culturelle de B. costatum

L’importance culturelle de B. costatum variait entre les groupes socioculturels seulement pour les catégories d’usages alimentaires et les usages comme matériel (P < 0,05 ; tableau VII). L’importance des autres catégories d’usages était statistiquement similaire entre les groupes socioculturels. La figure 4 révèle que les Berbas accordaient une plus grande importance aux usages alimentaires, médicinaux et matériels de B. costatum, comparés aux autres groupes socioculturels. Bien que la différence soit non significative, l’importance des avantages écologiques de B. costatum (notamment le fait qu’elle soit une plante mellifère) était relativement plus marquée chez les Gourmantchés (figure 4). Les usages de B. costatum comme bois de service sont en général peu importants pour les enquêtés (figure 4).

Importance culturelle des parties/organes de B. costatum

L’importance culturelle de chaque partie/organe de plante de B. costatum diffère significativement entre catégories d’usages (tableau VIII). Toutefois, l’importance culturelle du calice, de la racine et de la fleur ne diffère pas entre groupes socioculturels (tableau IX).

En effet, le calice était culturellement plus important pour les usages alimentaires, l’écorce et la racine pour les usages culturels, l’écorce et la feuille pour les usages médi- cinaux, la fleur pour ses avantages écologiques et la jeune tige pour les usages socioculturels, comme matériel et bois de service (tableau VIII).

La figure 5 présente l’importance culturelle des parties/organes de B. costatum en fonction des groupes socioculturels. L’écorce, la feuille et la jeune tige ont une importance culturelle plus grande pour les Gourmantchés et les « autres groupes socioculturels » tandis que la graine est plus importante pour les Gourmantchés. Contrairement aux Gourmantchés et aux « autres groupes socioculturels » qui ont plusieurs préférences (calice, écorce et jeune tige), les Berbas préfèrent seulement les calices (figure 5).

 

Figure 2.

Boîtes à moustache de la valeur d’usage totale de Bombax costatum selon les groupes socioculturels. Les points noirs indiquent les valeurs moyennes.

 

Figure 3.

Diagramme en barre de la valeur d’usage des organes de Bombax costatum.

 

Tableau VII.

Variation de l’importance culturelle des catégories d’usages de Bombax costatum entre groupes socioculturels : résultats du test de Kruskal-Wallis.

 

Tableau VIII.

Variation de l’importance culturelle de Bombax costatum en fonction de ses organes/parties : moyenne et erreur type de l’indice d’importance culturelle et résultats du test de Kruskal-Wallis.

 

Figure 4.

Diagramme en radar décrivant l’importance culturelle de Bombax costatum en fonction des groupes socioculturels.

 

Tableau IX.

Variation de l’importance culturelle de Bombax costatum en fonction de ses organes/parties : résultats du test de Kruskal-Wallis.

Figure 5.

Diagramme en radar décrivant l’importance culturelle des organes de Bombax costatum en fonction des groupes socioculturels.

 

Discussion

 

Cette étude sur B. costatum, la première du genre au Bénin, est une contribution à la meilleure connaissance des PFNL et de leur potentiel pour l’amélioration des conditions de vie des populations rurales. De nombreuses études se sont focalisées, au cours de cette dernière décennie au Bénin, sur l’importance culturelle des plantes endogènes (Dadjo et al., 2012 ; Fandohan et al., 2010 ; Ekué et al., 2010 ; Koura et al., 2011 ; Gouwakinnou et al., 2011). Toutefois, aucune d’entre elles n’a décrit les usages de B. costatum.

Chaque groupe socioculturel désigne B. costatum par une appellation spécifique, révélant un contact et une tradition lointains de l’espèce dans l’histoire des peuples vivant autour de la réserve de biosphère de la Pendjari. Les Gourmantchés et les Natimbas l’appellent « arbre léger » à cause probablement de leur utilisation de son bois, par rapport à d’autres groupes socioculturels. Ils l’utilisent plus dans la catégorie d’usages « matériel » et constatent qu’il est facile à couper. Toutefois, ceci peut constituer une menace pour la conservation de l’espèce en milieu Gourmantché et Natimba. Quant aux Peuhls, Berbas et Waamas, ils préfèrent l’appeler « arbre à fleur rouge », en lien avec la couleur rouge de ses fleurs qui apparaissent en saison sèche et sont très remarquables dans le paysage. De pareilles différences dans les appellations par groupe socioculturel ont été notées par Gruca et al., (2015) pour Borassus aethiopum au Ghana. Dans le cas présent, il est plausible que l’appellation ait un lien avec l’usage préférentiel de l’espèce pour chaque groupe socio-linguistique.

Au total, l’étude a permis de recenser 46 usages de l’espèce, classés en huit catégories d’usages, à savoir : alimentation, artisanat, bois de service, cultuel, écologique, matériel, médecine et religion. Les catégories d’usages les plus importantes sont l’alimentation, la médecine, le cultuel et celle des avantages écologiques. Ces résultats montrent une grande diversité des usages de l’espèce dans les villages riverains de la Pendjari, contrairement aux résultats de Belem (2009) au Burkina Faso, pays voisin où l’espèce est plus connue pour être utilisée essentiellement en alimentation

humaine et en artisanat. Cette variation non négligeable des connaissances des propriétés de l’espèce pourrait s’expliquer par les différences culturelles entre groupes socioculturels et les besoins spécifiques à chaque peuple. Au-delà des considérations culturelles, ce résultat pourrait également être expliqué par le fait que les usages additionnels de l’espèce au Bénin sont assurés par d’autres espèces plus distribuées et abondantes au Burkina Faso, tel que stipulé par l’hypothèse de saisonnalité (Albuquerque, 2006). Cette hypothèse prédit en effet que les ressources préférées et plus utilisées sont les ressources locales les plus disponibles. Toutefois, cette relation peut être modifiée par des considérations économiques et sociales (Albuquerque, 2006). En effet, la différence observée au plan médicinal pourrait aussi s’expliquer par la préférence des populations riveraines pour les plantes médicinales endogènes, parfois allant vers une contrainte, n’ayant plus d’autres alternatives de traitement proches (Albuquerque, 2006).

Le calice est l’organe le plus utilisé, généralement sous forme de sauce légume ou sauce gluante. Les usages alimentaires et médicinaux, en particulier à partir des fruits ou fleurs ou encore des calices, ont souvent été rapportés comme les plus prépondérants au sein de plusieurs communautés (Assogbadjo et al., 2008 ; Gouwakinnou et al., 2011). Ces résultats peuvent s’expliquer par le fait que les populations locales ont pour premier objectif la satisfaction des besoins vitaux, dont les besoins alimentaires (Shackleton et Shackleton, 2004), ce qui les amène à exploiter considérablement les parties comestibles des espèces. Cette forte valorisation de l’espèce pour les usages alimentaires constitue un atout pour la sécurité alimentaire dans ces zones d’occurrence. B. costatum est également fortement sollicité (87 %) dans la médecine traditionnelle pour la composition des remèdes à certaines maladies : paludisme, fièvre, dermatoses, fortifiant, colique, convulsion, pansement de plaies, antidouleur, inflammation des pieds, hémorroïdes, abcès, régulation de la température, facilitation à l’accouchement, mitose, œdème, hernie etépilepsie. Cette diversité des usages médicinaux de la plante constitue également un atout pour des explorations futures de plusieurs propriétés médicinales à travers des études ethno-pharmacologiques.

B. costatum est à la fois utile aux hommes et aux animaux. En effet, les fleurs de B. costatum sont mellifères, de plus, elles attirent également les oiseaux. Ces résultats s’accordent avec ceux de Belem et al. (2009) qui ont observé que les abeilles se nourrissent du nectar des fleurs de l’espèce.

Les résultats ont par ailleurs montré que la connaissance sur les usages et de l’importance culturelle de l’espèce varie suivant les groupes socioculturels. Les Gourmantchés et les Berbas sont les groupes socioculturels qui utilisent le plus l’espèce, et qui lui accordent une grande importance culturelle. Nous suggérons l’intégration des communautés étudiées et de leurs savoirs sur l’espèce dans les stratégies d’utilisation durable de l’espèce en organisant la chaîne de commercialisation de la collecte des calices, en introduisant la culture de l’espèce dans les jardins de case au sein des terroirs villageois autour de la réserve de biosphère de la Pendjari, enfin, en substituant d’autres espèces à croissance rapide à ses usages comme matériaux de construction.

 

Conclusion

 

Cette étude ethnobotanique de Bombax costatum au sein des groupes socioculturels vivant autour de la réserve de biosphère de la Pendjari confirme l’importance de l’intégration de la culture de l’espèce dans les systèmes agroforestiers pour une diversification des filières agricoles et la conservation de la biodiversité. Bien que l’espèce soit utilisée par tous les groupes socioculturels, elle demeure sous-valorisée sur le marché local et international malgré ses atouts alimentaires et médicinaux. L’importance de l’usage alimentaire des calices indique un potentiel de l’espèce dans les stratégies d’amélioration de l’état nutritionnel basé sur les ressources locales. De même, le fort potentiel de l’espèce en médecine traditionnelle suggère des études pharmacologiques en vue d’une probable identification et extraction de ses principes actifs. Ceci pourrait être une source de revenus pour les ménages ruraux. Nous suggérons que cette étude soit étendue à d’autres localités d’occurrence de l’espèce et au sein d’autres groupes socioculturels, afin d’identifier d’autres utilisations possibles de l’espèce pour une meilleure valorisation de ses potentialités. L’évaluation de la valeur nutritionnelle des calices, des revenus générés par sa commercialisation et de l’identification des probables morphotypes est également capitale pour la valorisation de la plante. Les études de propagation entamées par Belem (2009) devront également être poursuivies en vue de la maîtrise de la culture de l’espèce.

 

Références bibliographiques

 

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Arbonnier M., 2002. Arbres, arbustes et lianes des zones sèches d’Afrique de l’Ouest. Deuxième édition. Cirad, MNHN, 574 p.

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