Abandon ou extension des plantations d'acacias au Nord-Cameroun : tout dépendra du fonctionnement des filières gomme arabique

O. Palou Madi, R. Peltier, O. Balarabe, M. Ntoupka, N. Sibelet

Résumé


Au Nord-Cameroun, plusieurs projets destinés à lutter contre la pauvreté et la dégradation de l'environnement ont encadré la mise en place de milliers de petites plantations paysannes d'Acacia senegal, entre 1990 et 2006. Cependant, depuis 2007, la plupart de ces plantations ne sont guère entretenues et n'ont pas été saignées pour la collecte. Les superficies plantées baissent et la filière formelle de gomme dure, issue de ces plantations, périclite. En 2008, la présente étude a comparé les caractéristiques des filières illégale et légale. Les résultats montrent que l'essentiel des quantités prélevées provient des formations naturelles à Acacia seyal (produisant la gomme friable) et emprunte une filière informelle vers le Nigeria. La cueillette est surtout effectuée par des enfants et des femmes. Malgré le faible prix d'achat de la gomme, cette filière présente des avantages pour les vendeurs désargentés, tels que le préfinancement de la campagne, le paiement au comptant et la multiplication des points d'achat. Les planteurs d'Acacia senegal (produisant la gomme dure de qualité) constituent une population très différente. Il s'agit en majorité d'hommes âgés, aisés, partenaires des projets. La filière officielle qu'ils empruntent est rigide, les points d'achat sont peu nombreux et éloignés des lieux de cueillette et les achats et paiements ne leur sont pas garantis. Cette filière est fortement taxée officiellement et officieusement, ce qui la rend peu concurrentielle vis-à-vis de l'exportation illégale et entraîne une mévente de la gomme. Le prix payé au producteur (0,2 à 0,5 $ US/kg) est très inférieur à celui du marché international (1,5 à 4,5 $ US/kg). La filière officielle ne peut être performante que si elle adopte les méthodes d'achat de l'informelle. Si l'État et les projets veulent encourager la gestion durable des peuplements d'acacias ou le reboisement, ils doivent sécuriser le foncier, réduire taxes et écueils commerciaux, tout en encourageant les producteurs à s'organiser et à se positionner sur des marchés plus rémunérateurs, de type commerce équitable ou biologique. (Résumé d'auteur)

Mots-clés


Acacia senegal; Acacia seyal; Jachère forestière; Analyse économique; Exploitation agricole familiale; Gomme arabique; Commercialisation; Ressource naturelle; Cueillette; Plantations; Rentabilité; Provenance; Filière; Commerce équitable; Cameroun; Nigéria

Texte intégral :

PDF


DOI: https://doi.org/10.19182/bft2010.306.a20432



Renvois

  • Il n'y a présentement aucun renvoi.




Droit d'auteur (c) 2010, Bois et Forêts des Tropiques

Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas de Modification 4.0 International.

Bois et forêts des tropiques - Revue scientifique du Cirad

Cirad - Campus international de Baillarguet, 34398 Montpellier Cedex 5, France - Contact - ISSN: L-0006-579X